Le « progrès » tel qu’élaboré de manière générale dans nos sociétés occidentales est lié aux notions de croissances économiques ; matérielles et financières. Un cercle pernicieux de fuite en avant matérialiste totalement aveugle à ses propres conséquences conduit l’humanité à sa perte. Tout le paradoxe est ici !
Dans le présent travail, le paradoxe est porté à son apogée en ce sens que s’entrechoquent, le hasard l’a désigné ainsi, le déboisement de magnifiques et profondes forêts ancestrales où règne une somptueuse et naturelle anarchie, où chacun de nous retrouve sérénité, calme et bien-être intérieur pour la construction d’une nouvelle ligne ferroviaire à grande vitesse entre Dijon et Mulhouse.  Celle-ci étant le moyen de déplacement peut-être le plus écologique et aussi un véritable bijou de technologie!
Les photographies témoignent de la destruction de ces lieux multi centenaires que sont les forêts de cette région de France.  Il s’agit de la première étape indispensable pour laisser la voie libre au progrès qui permettra, dans quelques années, de traverser à 300 Km/h ce paysage rural, paisible et boisé.
Le travail photographique s’est déroulé durant trois années sur le premier tronçon de cette ligne à grande vitesse et relate le déboisement de plus de vingt bois et forêts sur une distance d’une quarantaine de kilomètres entre deux villages hors du monde : Ormenans et Corcelles en Haute-Saône.
Deux symboles très puissants sont ici réunis et illustrent parfaitement une des idées maîtresses du philosophe allemand Hans Jonas : « L’art d’inventer au service du bien-être de l’homme se révèle souvent en conflit avec la dignité humaine ».

Musch Ph.; "Le paradoxe du progrès"; Editions Husson; Bruxelles; 2009; 64 p.